L'intelligence artificielle est un souci partout, et ce, jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir. Le Parlement européen prend ainsi des mesures pour tenter de réguler la technologie en son sein.

© Alexandros Michailidis / Shutterstock.com
© Alexandros Michailidis / Shutterstock.com

On prend de plus en plus la question de l'intelligence artificielle au sérieux au niveau européen. On sait ainsi que la Commission européenne est à l'origine d'un nouveau projet pour mettre au monde un modèle IA open source frontière couvrant les 24 langues de l'Union. Et si l'UE veut rivaliser à l'extérieur avec la Chine et les États-Unis, elle veut aussi mieux réguler ce qui se passe à l'intérieur de ses institutions.

Le Parlement européen de plus en plus inquiets de lutilisation de l'IA par les députés

De nombreux salariés utilisent l'intelligence artificielle comme un assistant au quotidien de leur travail. Et ils ne sont pas les seuls, puisque cette habitude se retrouve dorénavant aussi de plus en plus au Parlement européen, où les députés en font un large usage pour produire des amendements et achever leurs travaux législatifs, selon Politico.

L'usage est tel que lors d'une réunion tenue au mois de juillet dernier, des présidents de commission ont partagé leur inquiétude sur cette utilisation. « Le Parlement n'a pas été épargné par les erreurs liées à l'IA et les contenus trompeurs générés par IA » fait remarquer le député européen du groupe des Socialistes et démocrates, Brando Benifei.

© Shutterstock
© Shutterstock

La nouvelle plateforme EPGenAI Hub, la solution ?

Au sein du Parlement européen, près de 2 100 personnes font un usage quotidien de l'IA générative (ce qui représente un cinquième des effectifs). L'inquiétude des autorités porte autant sur la qualité du travail produit quand il est assisté par l'IA que sur le partage de documents parlementaires avec des plateformes d'acteurs privés, qui ne sont pas contrôlés par Bruxelles.

Comprenant qu'il ne peut pas tout simplement interdire l'usage de l'IA, le Parlement européen a mis au monde sa propre plateforme, baptisée EPGenAI Hub. Cette dernière a déjà été présentée aux députés ainsi qu'à leurs assistants. Reste que, même via cette plateforme, les députés peuvent autant utiliser des modèles exploités localement (comme GPT-OSS, Mistral Small ou Llama) dans des infrastructures sécurisées par le Parlement européen, que des modèles hébergés à l'extérieur. Parmi ces derniers, on retrouve notamment ChatGPT ou bien Claude Sonnet. Soit une ouverture à l'offre américaine, avec tous les risques que cela peut entraîner.

Conscient des critiques qui peuvent encore être faites, le Parlement européen a tenu à expliquer que rien n'était encore figé. « L'offre de modèles est en train d'être réexaminée, notamment compte tenu de la disponibilité de modèles open source et de modèles souverains de l'UE proposés par des fournisseurs de cloud souverain qui ont récemment signé un contrat avec la Commission européenne » a précisé le service presse du Parlement.

Source : Politico
À découvrir
Quelles sont les meilleures IA pour générer vos contenus ? Comparatifs 2026
Comparatifs services